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À la table du premier ROI

LE MOT DES SONGES

Alors que chacun d’entre vous pense pouvoir se réfugier dans les bras de la nuit afin d’obtenir un repos réparateur, vous êtes pris de visions…elles paraissent si réelles que vous appréhendez chaque détail, êtes enivrés par toutes les odeurs, même vôtre peau réagit aux stimuli tels que le froid ou l'humidité…

 

« La soirée est sombre, bien que la lune soit pleine et devrait propager sa lumière…elle est étouffée par une brume épaisse dans une saison où elle n’est pas censée exister. Le territoire vous semble familier, les champs cultivés mettent en évidence un peuple qui ne connait pas la faim, les enclos sont nombreux avec un bétail bien portant, vous discernez les bâtisses sécurisantes de votre village. Les volutes des fumées de cheminées s’échappent vers le ciel. Votre cœur se réchauffe, car ce domaine est le foyer où vit votre famille, votre clan, votre sang. Vous êtes chez vous ».

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« Une silhouette émerge lentement du cœur de l’obscurité et se dirige un pas après l’autre vers le village et les habitations. Son corps est lent et difforme. Elle paraît tordue et trainer sa jambe gauche. Ses épaules ne sont pas au même niveau. Plus que marcher lentement, elle se déplace comme si son trépas était imminent. Avançant sans un bruit, elle n’attire pas l’attention. Elle approche du puits, regarde vers le fond, et s’y laisse tomber… ».

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« Au petit matin, le village reprend vie. Les hommes travaillent la terre, le marteau du forgeron se fait entendre, le bétail meugle, les enfants arpentent les chemins de terre, les combattants s’entrainent au maniement des armes…et…les femmes vont tirer l’eau du puits… ».

« Le lendemain, au même moment, nul homme n’est dans les champs…aucun son n’émane du marteau frappant sur l’enclume…aucun enfant ne donne vie aux rues du village…les armes des combattants semblent demeurer dans leur fourreau…l’eau restera dans son puits… ». 

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« Le seul vacarme provient de la Maison Longue du régent en l’absence du Roi ou de la Reine. Les villageois s’y sont rassemblés afin de pleurer leurs morts. La maladie frappe tout le monde, sans distinction d’âge ou de sexe. Les corps s’entassent, leur peau putréfiée et parsemée d’abcès purulents, leurs crânes ne comportant que quelques cheveux, leurs ongles étant tordus ou ayant disparus, mettant à nu des plaies infectées ».

« Les villageois encore debout ne sont pas forcément les plus solides, comme si l’épidémie frappait au hasard. De nombreuses femmes portent dans leurs bras des enfants qui connaissent leurs derniers moments de vie dans un monde qu’ils n’auront pas l’occasion de découvrir. 
Les discussions ne mènent à rien, ni les herboristes,
 ni les guérisseurs ne sont parvenus à identifier ce mal, ou à le combattre, ni même à soulager la douleur ou les symptômes…tout semble indiquer la fin de tout un peuple ».

 

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Un homme, d’une taille pourtant non humaine, est assis sur un trône de granit. La puissance de son corps n’a d’égal que son charisme dont l’aura s’impose d’elle-même. Une pression ingérable vous envahit, une terreur à l’idée que son regard puisse se poser sur vous. 
Assise sur la première marche de son trône se trouve une femme à la cheve
lure noire, longue et hirsute. Son corps presque dénudé est celui d’une créature à la silhouette parfaite ou presque. Sa peau blanche est couverte de symboles emprunts à de nombreuses civilisations passées. Son regard est illuminé d’un bleu glace surnaturel. Son visage affiche tant une folie qu’une satisfaction palpable d’une situation attendue depuis tellement longtemps. Elle est en transe devant ce dieu vivant qui représente tout pour elle.
Les deux sont entourés de combattants, de chasseurs, d’anciens, de sorcières…portant les marques et symboles de toutes les maisons. 
Le géant humain prend alors la parole, et s’adresse à vous personnellement autant qu’à tout un peuple. Au premier mot prononcé, votre cœur s’arrête, vous ne pouvez plus respirer :

 

Descendants de Lif et Lifthrasir,
Des neufs, je suis le Premier, des neufs, elle est la Dernière, 
des neufs, trois ont survécu
, deux destinés à régner, le troisième à se cacher comme le font les pleutres.
À mon départ, je vous ai laissé la responsabilité de la destinée des survivants à Fimbulvetr.
La dernière a réveillé le Premier, voyant que vous n’avez rien trouvé de mieux que de vous entretuer et de mener notre peuple à la ruine, et à la disparition d’un monde neuf, qui lui a été offert pour le dominer. 
Mon retour annonce la disparition de toutes les maisons en lieu et place d’un seul peuple uni sous le pouvoir du Premier Roi. 
La dernière des neufs a adressé un message à chacune des provinces qui vous appeliez « Maison ». Ruine et maladie seront l’avenir de ceux qui ne se soumettent pas au Premier. 
Aucune clémence pour les traîtres…ils nous serviront dans la mort car le repos ne leur sera pas accordé.

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Beaucoup d’entre vous, issus de toutes les « maisons », ont déjà eu le discernement de plier le genou devant le seul roi capable de ramener l’ordre dans le chaos qui est l’héritage que vous comptez léguer à vos enfants. Ils sont alors protégés de cette pandémie qui ne touche que les renégats.  

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Pour les autres, si vous parvenez à survivre à ma colère, n’hésitez pas à retourner sur celles qui furent vos terres afin d’y enterrer ou brûler les corps des morts que vous aurez condamnés par votre orgueil et votre incompétence. Seules quelques heures vous sépareront d’une mort que je vous dispenserai en personne. 
 

Je vous attends à Eldaskali afin d’entrer dans une ère nouvelle, celle de notre pouvoir, de notre domination, du massacre des parjures et des impurs, celle de notre suprématie dans un monde qui nous a été offert pour y régner tels les dieux de notre propre destinée. 

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GÜDRUN LA DERNIÈRE NÉE

JÖRGEN LE PREMIER NÉ 

Résumé de cet OPUS

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La plupart d’entre vous ont entendu l’appel des esprits du vent, les Sylphes qui vous ont accompagné dans la guerre contre la Bête. L’appel à la révolte lancé par la Maison Njall a été écouté et je m’en réjouis. 

Vous m’avez vu mourir de la main de la Bête après que je lui ai tranché la gorge devant tous. Elle s’est relevée, révélant ainsi sa vraie nature, à savoir qu’elle n’a plus rien d’un homme, mais qu’elle est devenue autre chose de bien plus sombre…une entité issue de la mort de deux nouveaux nés, sacrifiés de façon atroce lors d’un rituel noir pratiqué par Gudrun la Dernière-Née accompagnée de ses nécromanciennes. Les enfants y seront alors torturés pour que leur terreur, leurs hurlements et leur douleur puissent décupler la puissance du rite ténébreux. Certains racontent qu’ils ont été dévorés vifs par les participants…se nourrissant par la même de l’innocence de leur hamr. 

Jörgen Le Premier Né a admis lui-même le meurtre de ses parents lors du banquet, qui selon lui, étaient des gens simples n’ayant pas qualité pour régner. Le poignard utilisé pour les égorger est passé dans les mains de certains d’entre vous…et chacun de ses détenteurs a été envahi par des puissances obscures le poussant vers une soif de haine et de sang toujours plus grande. D’autres ont été les témoins de prophéties et de divinations montrant l’horreur du déroulement de la scène. L’Irlandais et le Germain ont raconté la monstruosité de ces évènements et le fait qu’ils ont dû ouvrir le ventre de Lífþrasir afin de sauver l’enfant qu’elle portait, après qu’elle se soit trainée jusqu’à eux, le corps transpercé de coups de couteau…Alors que les Amants Noirs s’abandonnaient aux plaisirs de la chair, baignant dans le sang de leurs parents, jouissant de la concrétisation de leurs plans. Ainsi, elle aura donné son dernier souffle de vie à sa fille avant de mourir de la main de ses autres enfants, le cœur empli de terreur, gisant non loin du corps de son époux, lui aussi tué de façon atroce. 
 

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 Parricide, Matricide, magie noire, meurtres d’enfants, inceste, cannibalisme…ce couple n’aura reculé devant rien afin d’assouvir ses désirs et instincts les plus sordides, y compris ceux de défier la mort elle-même. Afin de faire plier les différentes maisons, le couple a propagé une maladie, ravageant notre peuple, tuant indistinctement hommes femmes vieillards ou enfants. Nul descendant de Lif et Lifthrasir ne saurait servir ceux qui répandent la mort dans nos lignées, outre le fait que ce soit contraire à nos lois faisant d’eux des Indignes, les hamrs de nos enfants ne s’échangent pas contre de la loyauté ou du pouvoir. Ceux qui l’ont fait devront, en temps utiles, être sanctionnés pour leur traitrise par le seul châtiment qui convienne…et vous connaissez tous celui auquel je pense…la gorge tranchée étant la seule façon de s’assurer de l’incapacité de l’ennemi à nuire.

 

La Bête ne pouvant être abattue par des méthodes conventionnelles, la Maison Njall a proposé la forge d’une arme, capable de venir à bout de cette abomination. Pour la Première fois depuis trop longtemps, les Descendants de Lif et Lifhtrasir sont parvenus à s’unir, dans un but commun, mettant de côté les luttes intestines et personnelles.

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 L’arme fut alors forgée dans un autre monde, issu de l’esprit de Fyr de la Maison Hedda, Sang Mêlé descendant de Sturt Seigneur de Muspelheim. Ainsi, les forgerons, runistes et autres participants se réunirent au bord d’un lac de feu, où repose le Hamr du Jötunn. Un puissant rituel fut pratiqué sur Fyr, lui permettant d’emmener avec lui d’autres personnes dans ce monde sans porte. Guidé par sa voix, chacun put offrir le composant précieux acquit par sa maison, destiné à forger l’arme :

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  • Un anneau de Gleipnir qui servira de base pour forger l’arme.

  • L’arme devra être forgée dans un lac du feu dévastateur de Surt.

  • L’arme est forgée dans le but de tuer une personne spécifique. Ainsi afin qu’elle puisse le reconnaitre, elle doit baigner dans le sang de l’un de ses descendants. Le Hamr d’un Jörgen qui sera sacrifié volontairement.

  • L’arme forgée devra être animée d’une volonté de vengeance et d’apporter la justice. Aussi, le dernier ingrédient dans le processus de création de l’arme, est qu’elle devra baigner dans le sang de la victime d’une vengeance. C’est pourquoi, alors que l’arme sort tout juste de la forge, elle devra être confiée à la reine de la Maison Tyra, qui la plongera dans le cœur d’un coupable, en disant haut et fort que le prochain sera la Bête. Il appartient à cette maison de déterminer qui sera le coupable à sacrifier.

  • La soif de l’arme à tuer doit être tempérée par un besoin de pardon et d’apporter la paix : la larme versée par un Njall par amour.

  • Tous les ingrédients seront liés par les cheveux d’une Alfar de sang pur et de noble lignée.

  • Afin que l’arme destinée à tuer la Bête puisse être forgée, et que tous les composants puissent être liés par les cheveux d’une Alfar de sang pur, l’objet doit être frappé par la foudre issue d’un orage dévastateur.

  • Puis refroidie avec une eau pure glacée par Aegir.

  • La sève ou le sang d’une sidhe, créature polymorphe, permettra à l’arme de prendre la forme choisie par le porteur. 

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Certains prétendent avoir fourni un croc de Fenris afin d’ajouter à son pouvoir dévastateur. Que ce croc ait existé ou pas, il n’a pas été incorporé lors de la forge de l’arme.  

 

La reine de la Maison Tyra fut choisie du fait de la raison d’être même de sa lignée pour être la porteuse de l’arme. Elle lui donna alors la forme attendue afin d’obtenir une efficacité optimale dans sa main. 

 

Mais alors que la Bête aurait pu être abattue à de nombreuses reprises, le matin par exemple par La Mort Silencieuse dispensée par la maison Tyra…il a été choisi un affrontement direct qui a fait son jeu…Il ne fallait pas le laisser organiser ses forces ni même risquer la vie des nôtres. 

 

La Bête, usant de ses pouvoirs, soumit beaucoup d’entre vous, et parvint à s’échapper en enlevant des otages, dont des rois. Quelques-uns se sont lancés à sa poursuite. 

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 Jörgen Le Premier Né, Gudrun La Dernière-Née et les traitres qui les accompagnent doivent être traqués et tués le plus rapidement possible. Nous devons tous garder à l’esprit que tant que Gudrun respire, nos maisons se meurent du fait de l’épidémie. Dans quelques semaines, les Descendants de Lif et Lifthrasir n’arpenteront plus les Terres de Glace. 

 

De même, Jörgen le Premier Né ne doit pas être sous-estimé. Tant qu’il sera debout, il constituera une menace pour nos enfants. Il doit être détruit. 

J’use de toute ma volonté et des derniers sursauts de mon Hamr afin de vous livrer ces paroles, soutenu par les sylphes. Mes forces s’estompent…

 

Lors du banquet, Gudrun a lancé un rituel sur le repas. Elle nous a fait nous repaitre de la chair de nos morts, mêlée au gibier dans le plat. Ce rituel avait pour but de nous rendre sujet à la maladie. Mais les sylphes ont choisi de mourir pour sauver chacun d’entre nous, en absorbant les émanations de cette sombre magie. Ainsi, dans quelques heures, elles ne seront plus à vos côtés. 

 

Ma maison, celle des Njall, demeure votre alliée à jamais. Elle révèlera le moment venu aux dirigeants de vos maisons où sont ceux qu’elle a pu sauver. 

 

En attendant de voir la Bête et sa muse sombrer dans la mort, j’use mes dernières forces et pensées afin d’adresser à ma fille tout mon amour. 

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Lors d’un matin d’été ensoleillé,

Je plongeais dans une rivière pour m’y baigner.

 

La nuit précédente avait été obscure,

Car j’avais privé des mères de leur progéniture.                                                      

 

Le chant des oiseaux m’aidait à oublier,

Que mon cœur était depuis longtemps pétrifié.

 

Sous le bruit assourdissant d’une cascade,

Je me lavais de mes assassinats de la dernière décade.

Je cru entendre, porté par les vents,

Les pleurs d’un enfant et d’une maman.

 

Je me vêtis d’une hache et d’un couteau,

Et m’approcha sans un mot dans le dos du bourreau.

 

Agenouillée devant lui qui tenait l’enfant,

L’Aes Shid le suppliait lui le géant.

« Ne tue pas notre descendance mon amour »,

« Elle est ce qui restera de nous pour toujours ».

 

Mais si le géant avait pris plaisir à y plonger sa queue,

Une Sang Mêlée était un affront à ses aïeux.

 

Tandis qu’il s’apprêtait à jeter l’enfant dans les eaux de la cascade,

Sa mère ne s’y opposa que par des jérémiades. 

 

Ma hache entra dans son dos par son épaule gauche,

Pour le fendre jusqu’au cœur, comme si sa vie n’était qu’une ébauche.

 

Mon couteau sabra la gorge de cette mère indigne,

Sans qu’elle puisse anticiper dans mon attitude un remord ou un signe,  

  

La sylphe m’apporta un amas de langes,

Qui une fois dénouées révéla le visage d’un ange.

 

Tout autour de moi fit place au silence,

Sauf le bruit assourdissant de mon cœur qui me lance. 

Depuis cet instant j’ai consacré ma vie à te protéger et à t’élever,

Et même au-delà de la mort je ne cesserai jamais de t’aimer.

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Ainsi furent prononcés les derniers mots, 

De Sveinn Deux Langues, l’une de chair l’autre d’acier,

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